Ce que l'épreuve évalue vraiment
L'épreuve évalue une seule compétence du programme : Écrire des textes variés, dans la famille de situations « Appuyer ses propos en élaborant des justifications et des argumentations ». Concrètement, l'élève rédige une lettre ouverte d'environ 500 mots qui défend une thèse sur un sujet d'actualité.
Les enjeux sont réels. Pour obtenir le diplôme d'études secondaires (DES), il faut notamment 6 unités de langue d'enseignement de la 5e secondaire. Au bulletin de 5e secondaire, la compétence Écrire compte pour 50 % du résultat en français. Et selon le document d'information du Ministère, pour 2025-2026, l'épreuve ministérielle valait 50 % de la compétence évaluée. Cette pondération est confirmée chaque année : vérifiez le document de l'année en cours auprès de l'école.
Le déroulement : du dossier préparatoire à la lettre ouverte
L'épreuve se fait en deux temps.
- La préparation. Environ cinq jours ouvrables avant l'épreuve, l'élève reçoit un Dossier préparatoire : le sujet, le destinataire, une politique éditoriale (langue standard, informations fiables, pas de propos trop personnels), une activité préparatoire et un dossier de lecture de cinq à huit textes. Deux périodes en classe servent à amorcer la lecture puis à discuter des enjeux. Le reste se fait de façon autonome.
- La rédaction. Le jour J, l'élève découvre la question à traiter et dispose de 3 heures 15 minutes (plus 15 minutes au besoin) pour planifier, rédiger un brouillon, réviser et recopier au propre, au stylo bleu ou noir.
Côté matériel, sont permis : la feuille de notes vérifiée par l'enseignant, tout dictionnaire unilingue français, une grammaire et un recueil de conjugaison. Sont interdits notamment les notes de cours, tout document présentant une méthode de révision et les appareils mobiles, même éteints. La feuille de notes peut contenir des informations, des sources, des réactions en style télégraphique et des rappels de langue, mais aucun texte, paragraphe ou plan rédigé d'avance.
Les cinq critères de correction
La correction est centralisée au Ministère, selon une grille publique :
| Critère | Poids |
|---|---|
| 1. Adaptation à la situation de communication | 30 % |
| 2. Cohérence du texte | 20 % |
| 3. Utilisation d'un vocabulaire approprié | 5 % |
| 4. Construction des phrases et ponctuation appropriées | 25 % |
| 5. Respect des normes relatives à l'orthographe d'usage et grammaticale | 20 % |
Le critère 1 tient compte de la question, du destinataire, du genre de texte et du nombre de mots demandé. Pour les critères 4 et 5, la grille donne des repères : 0 à 4 erreurs pour la cote A, 5 à 9 pour B, 10 à 14 pour C. Enfin, un texte qui compte 35 erreurs d'orthographe ou plus est revu attentivement et peut perdre tous les points des critères 3, 4 et 5, soit la moitié de la note. Bref, la langue pèse 50 % : la révision n'est pas une option.
Un plan de préparation réaliste
Pendant l'année :
- Écrire une lettre ouverte complète par mois, en temps limité, puis la faire corriger avec la grille du Ministère.
- Tenir un carnet de ses erreurs récurrentes (trois ou quatre types suffisent) et les cibler à chaque révision.
- Lire des textes d'opinion dans les médias québécois pour s'habituer aux procédés argumentatifs et aux repères culturels.
- S'exercer avec sa propre grammaire et son dictionnaire : le jour de l'épreuve, il faut savoir où chercher, vite.
La semaine du dossier :
- Lire chaque texte deux fois, en annotant les faits, les chiffres et les sources utiles.
- Réfléchir aux positions possibles, puisque la question exacte n'est connue que le jour J.
- Remplir la feuille de notes de façon conforme et y garder quelques rappels de langue personnels.
- Dormir. Trois heures d'écriture concentrée demandent de l'énergie.
Structurer sa lettre ouverte
Une structure claire sert directement le critère 2. En pratique, beaucoup d'enseignants recommandent ce modèle :
- Introduction : amener le sujet, le poser, puis énoncer clairement la thèse en lien direct avec la question.
- Développement : deux ou trois paragraphes, chacun centré sur un argument, appuyé par une information tirée du dossier (fait, donnée, citation, repère culturel) puis expliqué. Un seul argument bien développé vaut mieux que trois survolés.
- Conclusion : reformuler la thèse, synthétiser les arguments et ouvrir sur une piste de réflexion ou un appel au lecteur.
Gardez en tête le destinataire. Le critère 1 récompense les marques de modalité (vocabulaire connoté, phrases interrogatives ou exclamatives, figures de style) et la personnalisation par des repères culturels. Pour la cohérence, variez les substituts (synonymes, périphrases, termes génériques) et liez les paragraphes par des organisateurs textuels.
Réviser les accords avec méthode
Un découpage possible des 3 h 15 : environ 30 minutes pour analyser la question et planifier, 1 h 15 pour le brouillon, 45 minutes pour réviser et 45 minutes pour recopier. Réservez donc au moins 45 minutes à la révision. Une relecture « au feeling » ne suffit pas : il faut relire phrase par phrase, en plusieurs passages ciblés.
- Les phrases : chaque phrase a-t-elle un sujet et un verbe conjugué ? Pas de virgule entre le sujet et le verbe ? Les phrases trop longues sont-elles coupées ?
- Les verbes : soulignez chaque verbe conjugué, trouvez son sujet (« qui est-ce qui ? ») et vérifiez l'accord, surtout quand le sujet est éloigné ou inversé.
- Les groupes du nom : encerclez chaque nom et vérifiez que déterminants et adjectifs prennent son genre et son nombre.
- Les participes passés : avec être, accord avec le sujet ; avec avoir, accord avec le complément direct seulement s'il est placé avant.
- Les homophones : a/à, ce/se, ces/ses, on/ont, son/sont, leur/leurs, et terminaisons en -é ou -er.
- Le dictionnaire : vérifiez tout mot dont l'orthographe vous fait douter.
Notez que le Ministère accepte autant les graphies rectifiées que traditionnelles.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Une thèse floue ou qui change en cours de route : la contradiction nuit aux critères 1 et 2.
- Des arguments non développés : citer le dossier sans expliquer en quoi cela soutient la thèse.
- Recopier les textes du dossier au lieu de traiter l'information à sa façon.
- Un vocabulaire familier ou des anglicismes, alors que la politique éditoriale exige une langue standard.
- Manquer de temps pour recopier : seul le cahier de la version définitive est corrigé.
- Des propos trop personnels qui remplacent des arguments vérifiables.
Si votre enfant a besoin d'un accompagnement structuré, nos cours de français travaillent l'argumentation et la révision avec la grille officielle, et vous pouvez réserver une séance. D'autres guides sont offerts dans nos ressources.
Questions fréquentes
Combien de mots doit compter la lettre ouverte ?+
Le Ministère demande une lettre ouverte d'environ 500 mots. Le nombre de mots demandé fait partie des éléments de la tâche évalués au critère 1.
Peut-on utiliser un dictionnaire bilingue ?+
Non. Seuls les dictionnaires unilingues français, une grammaire et un recueil de conjugaison sont permis, avec la feuille de notes vérifiée.
Que peut-on écrire sur la feuille de notes ?+
Des informations et leurs sources, des réactions en style télégraphique et des rappels de langue. Aucun texte, paragraphe ou plan rédigé à l'avance n'est permis.
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